La Presse publiait dans son édition du vendredi 31 août les résultats du sondage CROP qui dévoilait que 22% des Québécois sont toujours indécis. Alors que le PQ détient une légère avance dans ce même sondage, nous risquons de voir certaines de leurs promesses devenir réalité; l’application de plusieurs de ces politiques a de quoi donner froid dans le dos. Si vous faites parti des indécis, voici sept bonnes raisons de voter contre le Parti Québécois dans votre circonscription :
1. Rapatriement de l’assurance emploi.
Le Parti Québécois propose de remettre la gestion de la caisse d’assurance emploi entre les mains du gouvernement du Québec. Sans même mentionner le fait qu’il n’y a aucun problème avec le régime fédéral, pour bien comprendre l’absurdité d’une telle proposition, il faut avant tout comprendre le mécanisme de fonctionnement de ce dit programme. La caisse de l’assurance emploi se garde à flot pour deux principales raisons, la diversité économique du Canada et un nombre important de cotisants. Par exemple, les provinces de l’Ouest sont plus performantes au plan de l’emploi et paient la note, d’une certaine manière, du chômage plus élevé des provinces de l’Est (qui est de 2% à 3% plus élevé). En ajoutant à ce facteur un nombre important de cotisants, nous obtenons un régime d’assurance emploi beaucoup moins sensible aux facteurs cycliques du marché des facteurs de production.
Un peu comme un portefeuille d’investissement, c’est la diversité et la liquidité du régime actuel qui assure sa pérennité. En voulant régionaliser à outrance l’assurance emploi, il ne fait aucun doute que le PQ mettrait à risque les chômeurs du Québec au bénéfice d’une idéologie plutôt que de la bonne gestion.
2. Application de la loi 101 au Cégep.
Sommairement, une telle politique empêcherait les francophones et les allophones qui ont étudié plus d’onze années en français de choisir , une fois devenu adulte, quelle langue serait la plus appropriée à la poursuite de leurs études collégiales. En effet, un francophone (présentement 5% d’entre eux font le choix du Cégep anglophone ) ne pourrait plus aller solidifier ses capacités à communiquer en anglais au Cégep sous prétexte qu’il, dans mots de Pauline Marois (qui parle un anglais discutable ), <<ne faudrait tout de même pas subventionner l’anglicisation des francophones! >>
En plus de nous confirmer qu’il s’agit bel et bien d’une lutte contre l’anglais, en appliquant cette logique, rien ne nous empêche de croire qu’elle pourrait être portée à appliquer une politique semblable aux universités (subventionnée à plus de 80% par le gouvernement du Québec). Substituer le choix du citoyen par celui du politicien? No problem. Cette pensée liberticide nous confirme bel et bien que le Nous proposé est exclusif et n’inclut pas ceux qui aspirent à se démarquer dans un contexte globalisé comme le nôtre.
3. La gouvernance souverainiste.
Même si nous ne partageons pas la perspective péquiste en matière de politiques publiques, nous pourrions tout de même accorder au PQ de nobles intentions et simplement critiquer les moyens. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Pour mousser l’option du Oui dans un éventuel référendum (qui est présentement sous la barre du 30% ), l’équipe Marois propose de créer volontairement une série de conflits avec Ottawa, en demandant plus de pouvoirs et plus de responsabilités pour Québec dans des champs de compétences fédéraux. Proposer la mauvaise foi aux Québécois, faut le faire.
4. La citoyenneté québécoise.
S’inscrivant dans une perspective de gouvernance souverainiste, le PQ veut instaurer la citoyenneté québécoise. Sa mesure la plus controversée consiste en retirer le droit de se présenter aux élections à ceux dont le niveau de français n’est pas acceptable. Comme avec la loi 101 au Cégep, cette politique s’inscrit dans une perspective liberticide, où des politiciens d’une certaine allégeance décident qui peut et qui ne peut pas se présenter à une élection. Par la bande, on retire également à l’électeur le droit de voter pour qui il veut, comme si celui-ci n’avait pas une pensée critique suffisante pour choisir son représentant. Cette forme d’infantilisation est répugnante.
Sans vouloir accuser implicitement ou explicitement le PQ de racisme et de xénophobie, cette mesure n’est pas sans rappeler les fameux literacy test (utilisés pour discriminer les noirs aux élections) menés dans le sud des États-Unis jusqu’au début des années 60, avant qu’ils soient déclarés anticonstitutionnels.
Quoique plusieurs juristes estiment qu’une telle politique serait également déclarée inconstitutionnelle par la Cour Suprême, le PQ souhaite probablement ce verdict pour ériger un autre conflit avec Ottawa.
5. Augmentation du taux d’imposition marginal de 48,2% à 55,22%.
Le Québec est la société la plus taxée et la plus imposée en Amérique du Nord. Pour financer ses promesses et les gels de tarifs proposés par le PQ, ce dernier propose en effet d’augmenter le taux d’imposition marginal (la combinaison du taux provincial et fédéral) de 7,2% pour atteindre 55,22% pour plus de 144 000 travailleurs, soient ceux gagnant plus de 250’000$ par année.
L’adage selon lequel ‘’trop d’impôt tue l’impôt’’ ne semble pas être particulièrement compris chez les péquistes. En effet, passé un certain taux d’imposition, les revenus découlant de l’impôt commencent à décroître. Pourquoi? Plusieurs hypothèses se complètent. Les gens les plus fortunés déplacent leurs investissements dans des environnements fiscaux moins hostiles, les travailleurs (voyant une plus grande part de leur revenu partir vers les coffres de l’État) mettent moins d’heures au travail et le travail au noir, généralement, croît. Augmenter les impôts au niveau proposé par le PQ pourrait effectivement impliquer de voir les revenus étatiques diminuer.
Aussi, on peut se poser de sérieuses questions sur la légitimité d’un gouvernement à retirer à ses citoyens plus de la moitié de la valeur de leur travail, sans proposer ni réforme, ni ajustement dans la modulation et le financement des services offerts.
6. Mettre fin au Fonds des générations.
Le Fonds des générations est destiné à faire un paiement en capital sur la dette en 2025. D’ici cette date, le gouvernement actuel prévoyait y cotiser à chaque année, en prévoyant que les rendements offerts par les marchés financiers seraient plus intéressants que les sommes économisées par un paiement immédiat sur la dette.
À l’image de son équipe économique, c’est sans chiffre à l’appui qu’elle propose de vider le Fonds d’un trait pour faire un maigre paiement de $5,5 milliards sur la dette, en estimant que c’est ce choix qui est le plus avantageux au plan financier.
Elle oublie probablement que le Fonds est considéré comme un actif par les agences de notation. Vu l’importance de notre dette et de l’impact d’une hausse des taux d’intérêts sur la taille de celle-ci ( qui sont déterminés par la solidité de l’emprunteur, dans ce cas ci , l’État québécois ), se départir d’un actif comme le Fonds pourrait avoir des conséquences bien plus importantes sur nos finances publiques que ce que la chef péquiste laisse entendre, sans compter une réduction de la dette moins importante à moyen terme.
7. Ingérence dans la CDPQ.
Pauline Marois propose de redéfinir le mandat de la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec, le bas de laine des Québécois, pour lui donner une orientation plus interventionniste dans l’économie québécoise. Au détriment de quoi, dites-vous? L’épargne obligatoire des Québécois, seulement ça. Ce thème a déjà été abordé ici, mais pour le rappel, la CDPQ est déjà aux prises avec un problème d’importance en la RRQ, qui se doit d’être réformée. Ne comptez toutefois pas sur le Parti Québécois pour faire preuve d’audace.
À vous de choisir!