Le Parti libéral dont le Québec a besoin.

Le Parti libéral dont le Québec a besoin. [1]

Avec l’élection d’un gouvernement minoritaire du Parti Québécois au pouvoir, le Québec poursuit sans l’ombre d’un doute sa route sur le chemin du statut quo social-démocrate des dernières décennies. Nous avons pu le constater, le PQ s’est résolument campé à gauche pour éviter, espère-t-il, la division du vote souverainiste entre lui-même, Québec Solidaire et Option Nationale.  Avec le départ tout récent de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec et une course à la chefferie au mois d’octobre,  les planètes semblent s’aligner en faveur de l’émergence d’une droite économique, libérale[2], sérieuse et rigoureuse. Une droite, que l’on pourrait qualifier d’efficace, qui saura se proposer comme la seule alternative viable aux politiques toujours plus coûteuses que propose le PQ ,mais qui surtout proposera des solutions aux problèmes criants auxquels le Québec  aura à faire face dans un avenir rapproché. Avec la soif de changement au Québec, la clientèle sera sans doute au rendez-vous. Voici comment s’y prendre.

Finances publiques

Plusieurs enjeux pourraient permettre au PLQ de se démarquer comme un acteur de changement  et de responsabilité fiscale, à commencer par la dette, particulièrement depuis que le PQ a annoncé son intention d’abolir le Fonds des générations. Au moment où ces lignes sont écrites, la dette brute du Québec (celle de la fonction publique dans son ensemble) atteint  plus de 253[3] milliards de dollars. Cela fait du Québec  non seulement la province la plus endettée au Canada, mais également l’un des états les plus endettés de l’OCDE, avec une dette totale atteignant plus de 102,02% du PIB.

Représentant le 3ième poste budgétaire au gouvernement du Québec (après la santé et l’éducation) et avec un gouvernement péquiste qui n’admet vraisemblablement pas l’importance de cet enjeu, l’opposition libérale et son éventuel leader ont toute la marge de manœuvre nécessaire pour proposer des réformes structurantes qui sauront retirer aux générations montantes de Québécois le fardeau qui pèse déjà trop lourd sur leurs épaules. Le Fonds des générations (que le PQ veut abolir)  était un bon point de départ, il est frappant qu’un peu plus d’audace sera nécessaire si le problème de la dette est pris avec sérieux. Ce qu’un parti avec un nouveau leadership pourrait faire.

Il va sans dire que pour se mettre en lumière comme l’alternative responsable au PQ ( qui veut augmenter les impôts des particuliers  de 48,2% à 55,7%), le PLQ devra se positionner dans l’échiquier politique comme étant ‘’fiscaly conservative’’.  Étant la province la plus taxée,  proposer une fiscalité un peu plus minimaliste ne devrait pas demander trop de courage.  Il reste néanmoins qu’avec une baisse de revenus anticipée par ce genre de politique fiscale, les libéraux n’auront d’autre choix que de proposer une amélioration en efficacité, une réduction ou l’élimination de certains programmes, et, surtout, perpétuer la réforme tarifaire qu’ils avaient entamée lorsque ceux-ci étaient au gouvernement. Un ménage obligé qui se traduira par plusieurs changements au modèle québécois. Bref, ils n’auront d’autre choix que s’afficher comme une droite efficace et responsable, au service des contribuables.

Libertés individuelles

Les libertés individuelles forment évidemment l’autre thème sur lequel le PLQ sera capable de marquer une forte rupture avec le gouvernement Marois. Alors que celui-ci veut réduire la liberté de choix d’étudiants adultes en imposant la loi 101 dans les Cégeps, il s’agira d’une opportunité en or pour les Libéraux d’affirmer leur attachement à la liberté de choisir sa langue d’enseignement au collégial.

Bien qu’important, cet enjeu ne sera pas suffisant à lui seul pour démontrer que la première opposition défend solidement le droit de l’individu à mener sa vie dans la plus grande indépendance possible. Un sujet malheureusement laissé de côté durant la dernière campagne fut l’autorité accordée aux votes d’assemblées générales ; Ceux-ci doivent-ils avoir préséance sur la liberté d’aller à ses cours? L’étudiant peut-il être solidarisé de force à une cause, à travers un vote quelconque, ou encore peut-il choisir d’adhérer aux politiques qu’il veut bien supporter? Ce sont des questions dont les réponses à celles-ci témoignent de l’attachement à des valeurs fondamentales ; choisir pour soi, ou choisir pour les autres.

Ce débat pourrait aussi se transposer éventuellement sur la liberté d’association syndicale et sur les droits donnés aux associations de travailleurs (loi anti-scab, cotisation obligatoire, méthode de recrutement etc. ) , qui sont parmi les plus étendus en Amérique du nord. Compte tenu de l’influence actuelle de la FTQ, la CSN, la CSQ et de la CSD, ne parions pas sur une prise de position trop franche. Mais le débat sur le droit des associations étudiantes pourrait malgré tout ouvrir la porte à une discussion ouverte sur cette question qui, au sein même de la base militante du PLQ, en chicotte plusieurs.

Avec le support traditionnel des grandes centrales syndicales envers le Parti québécois et les associations étudiantes, misons sur le fait que le Parti libéral aura encore une fois l’occasion de se positionner de façon à combler une partie du vide laissé par la disparition de l’ADQ à la fin de l’année dernière ( et la reprise maladroite de plusieurs enjeux par la CAQ ).

Plusieurs autres enjeux[4] permettront au PLQ de décaler ses positions un peu plus à droite,  de manière à non seulement mener des réformes de plus en plus urgentes mais en allant rechercher un électorat parti ailleurs depuis plusieurs années. Avec une course à la chefferie qui s’entamera certainement au cours de la semaine prochaine et un gouvernement péquiste résolument à gauche, le moment ne pourrait pas être meilleur pour devenir un parti de centre-droite pragmatique et rigoureuse. Particulièrement avec l’équipe compétente sur lequel le PLQ peut compter, il ne manque qu’un chef avec un peu de vision pour prendre cette place sur l’échiquier politique ; Et surtout, donner aux Québécois le changement qu’ils veulent et qu’ils méritent, le vrai.


[1] Ne laissez pas le titre vous faire croire qu’il s’agit d’un blog libéral. Simplement, le PLQ est présentement
dans une bien meilleure position pour réaligner sa philosophie et sa perspective à l’égard des missions de l’État que la CAQ, en plus d’avoir dans ses rangs plusieurs députés (ex-ministres) qui connaissent les dossiers sur le bout de leurs doigts. L’équipe libérale, par son expérience et sa présence à l’assemblée nationale, est simplement en meilleure posture pour combler ce vide politique que l’est présentement la CAQ.

[2] Au sens philosophique et non partisan. Voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_politique

[3] http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise : Les questions relatives au calcul sont répondues sur cette page.

[4] Notamment le thème plus large de l’iniquité entre les générations, qui vaudrait un texte complet en soit.

 

Un avis sur « Le Parti libéral dont le Québec a besoin. »

  1. Le PQ veut augmenter l’impôt des riches, pas de tous les citoyens! L’augmentation se fait sur la partie au-dessus de 130 000$! Il faut être sincèrement désabusé et ne prendre le peuple en aucune considération! La droite, c’est la pauvreté d’une majorité et des riches encore plus riche!
    Si tu es vraiment de la droite, tu devrais être pour que l’on mettre Hydro-Québec à la bourse après avoir monté les taux d’électricités au maximum et comparables à ceux de Toronto?

    Tu aime le PLQ, le parti qui a augmenté la dette du Québec plus que nul autre parti ne l’a jamais fait en une si courte période de temps! Si tu aime la droite tant que cela, vote pour la CAQ, les anciens adéquistes, eux ils sont vraiment à droite!

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